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Risques opérationnels, enjeux structurels et défis à venir

L'année 2018, qui s'achève dans quelques semaines, n'a pas été assez clémente pour le secteur bancaire. Celui-ci souffre d'un encours de créances douteuses pouvant se chiffrer à près de 500 milliards de francs CFA. À cela, s'ajoutent les crédits aux particuliers, le taux d'endettement public et l'accumulation d'arriérés de paiement qui sont de nature à plonger le secteur bancaire dans une nouvelle crise. Et bien qu'on lui prête une certaine résilience, ce secteur fait face aujourd'hui à d'importants facteurs de vulnérabilités. De sources officielles, quatre établissements (sur les 15 en activité), pesant pour environ 14% des actifs globaux du secteur, sont dans une situation délicate alors que trois affichent désormais des fonds propres négatifs.

Indexée, aussi, la gestion des risques opérationnels. Ceux-ci ont sérieusement entamé la rentabilité de certains établissements. Conséquence : baisse plus forte qu'attendu de leurs bénéfices, flambée des défauts de paiement qui engendre une hausse des créances douteuses donc des provisions, baisse des résultats ainsi que la difficulté à tenir les ratios prudentiels. Dans ce contexte de crise éventuelle, certaines banques durcissent leurs plans de réduction des coûts et leur politique de risque, pour maitriser l'évolution de leurs résultats. D'autres se veulent plus sélectives et rigoureuses pour octroyer des prêts, disposer rapidement des garanties et réduire les durées. D'un établissement à l'autre, les stratégies de résilience ou les moteurs de croissance se sont multipliés, attestant des choix stratégiques des banques. Toujours est-il que plusieurs d'entre elles peinent à inverser la tendance baissière de leurs revenus ! Pour certains observateurs, la croissance rapide du secteur bancaire, après la crise des années 90, nécessite la création d'un environnement de risque de crédit maîtrisé. Pour eux, les banques et établissements financiers de la place sont de plus en plus confrontés aux problématiques de risque de crédit ainsi qu'à l'utilisation croissante des moyens depaiement.

Qui plus est, le manque de fluidité et de régularité dans le partage d'informations entre les banques et les établissements financiers constitue un problème majeur à cet égard. En novembre dernier, la Banque centrale, superviseure des établissements de crédit agréés, a décidé de consulter la profession bancaire sur un important projet de création du Bureau d'Information sur le Crédit (BIC). L'enjeu des BIC est de fournir un outil performant d'évaluation des risques de crédit à toutes les entités financières de la Cemac. Ce dispositif complètera celui de la Centrale des Incidents de Paiements (CIP-FIBANE-CASEMF) dont l'objectif est de limiter les risques de crédit et les incidents sur les moyens de paiement, offrir une meilleure visibilité aux établissements de crédit sur les clients et donner à la Banque centrale des informations utiles sur le fonctionnement du système bancaire.

D'autres réflexions sont en cours pour compléter et renforcer la capacité des banques à recouvrer leurs créances et à freiner l'hémorragie des impayés. Il s'agit notamment des études portant sur la mise en place d'un registre des sûretés, du texte sur la pénalisation du non remboursement de crédit, et, enfin, de la formation des magistrats à la résolution des conflits bancaires. Au total, la conjonction de tous ces éléments contribuera, sans doute, à améliorer la gestion des risques tout en encourageant les banques à s'engager davantage dans le financement de l'économie.

Alphonse Nafack
Président de l'APECCAM
MEMBRES
APECCAM - Association Professionnelle des Etablissements de Crédit du Cameroun
Immeuble BICEC, B.P. 133 Yaoundé Cameroun
Tel : +237 222 23 54 01 - Fax : +237 222 23 54 02